Héritière

 

Six cylindres en ligne, roues arrière motrices, badge M sur les flancs et gros volant, la nouvelle M240i pourrait bien raviver la flamme des amoureux de sportives musclées nées en Bavière, ceux qui croyaient l’espèce disparue depuis que BMW déclinait des plateformes Mini, autrement dit traction à quatre cylindres, sous l’appellation maison. L’honneur est sauf.

 

Textes et photos C. Boulain

 

Ce n’est pas -encore- la M2. Mais ce n’est pas non plus une Série 2 normale, car en plus de reposer sur le châssis des grandes BMW, comprenez Série 3, 4, 5, 6 et 7, une plateforme baptisée CLAR qui n’a rien à voir avec l’autre base mécanique du groupe née chez MINI qui sert aux petites BMW, cette M240i reçoit un six cylindres en ligne essence turbocompressé du genre musclé. Selon la fiche technique, le bougre développe 374 ch et 500 Nm de couple, une cavalerie à faire pâlir de nombreuses générations de M3, quand on sait que celles-ci débutèrent en 1986 avec un quatre cylindres de 195 ch, pour délivrer en sortie de vilebrequin de leurs six cylindres quelques 286 ch sur la seconde génération en 1992, puis 343 ch au début des années 2000. Il faut attendre la quatrième génération, en 2007, avec son V8 atmosphérique de 4.0 litres et 420 ch pour avoir une puissance équivalente à notre « petite » M240i. Mais toujours pas autant de couple. Alors oui, ce n’est pas une Série 2 comme les autres. Un rapide coup d’oeil à sa carrosserie aurait pu nous mettre la puce à l’oreille, avec une ligne musculeuse et des proportions de grand coupé avec pas moins de 4,54 m entre les plaques minéralogiques : c’est grand. Et large d’ailleurs. De quoi loger sous le long capot la pièce maitresse de l’orfèvre allemand, caser quatre vraies places sous le toit et un coffre logeable derrière. Bref, un coupé accueillant, mais pas si facile à garer dans un parking souterrain avec ses grandes portes. 

À l’intérieur, en plus d’une belle habitabilité, juste entachée par une accessibilité aux places arrière délicate si l’on fait plus de 1,75 m, on peut compter sur une excellente présentation. Cette M240i propose une planche de bord moderne mais pas futuriste, avec ce qu’il faut d’écrans et de boutons pour retrouver ses petits rapidement et facilement. Nul besoin d’avoir un certificat en tablette tactile option « swipe » pour s’y sentir à l’aise : les quadras et plus apprécieront. Surtout, la qualité de fabrication est elle-aussi excellente, avec à la fois des matériaux de belle facture et des assemblages soignés. Comme quoi, une belle allemande fabriquée Mexique reste une belle allemande. 

L’autre indice qui aurait pu nous mettre la puce à l’oreille, une fois installé à bord, est le volant. Comme d’habitude chez BMW, dès que l’on se retrouve dans une modèle sportif, on doit composer avec un volant à la jante si épaisse qu’elle nous donne l’impression d’avoir des mains d’enfants. C’est épais, trop épais même, surtout pour les conducteurs et conductrices qui n’ont pas des minimes de basketteurs. Si vous pouvez tenir un pamplemousse dans votre main mais pas un melon, passez votre chemin. 

Ou faites un effort, car malgré cela l’expérience en vaut la peine. Une fois démarré, le « six en ligne » feule gentiment. En tout cas en mode Comfort. Si vous recherchez encore plus de tranquillité, engagez le mode Eco+ qui va lui couper la chique à l’arrêt. Dépourvue d’hybridation, ou même de l’architecture électrique en 48V de certaines de ses cousines, la M240i peut quand même réduire ses consommations grâce à son stop&start et à la gestion de son mode Eco+. Mais dans ce cas précis, vous ne disposez pas de toute la cavalerie et il faudra appuyer franchement sur la pédale de droite pour dépasser sereinement. Le mode Comfort est plus plaisant. Mais pour vraiment goûter cette petite M, il faut sélectionner le mode Sport… ou mieux Sport+. N’ayez crainte, dans tous les cas la transmission peut basculer une partie du couple sur les roues avant pour éviter les mauvaises surprises. Car si les roues arrière sont motrices, celles de devant aussi. Seulement proposée en xDrive, la M240i conserve toutefois un tempérament de propulsion. Dans le mode de conduite le plus extrême, elle peut même profiter de ce que les spécialistes nomment la transmission vectorielle de couple sur le train arrière, autrement dit le fait de pouvoir accélérer la roue extérieure au virage pour accroitre l’agilité. Et dans ce cas, on a vraiment l’impression de piloter une voiture aux roues arrière motrices, tout en sachant que cela ne finira pas -ou avec peu de chance- en tête-à-queue. Bien vu les artistes. Sachant que les modes de conduites jouent aussi sur les stratégies moteur et boîtes, afin que la transmission automatique à huit vitesses donne l’impression d’être une version de course à double embrayages (sans vraiment y parvenir), mais aussi sur l’assistance de direction qui s’alourdit pour gagner en consistance, et sur les suspensions pilotées, on a de quoi s’amuser. Surtout que l’on peut se configurer sa M240i à l’envie dans les paramètres de la voiture. Très performante, avec moins de 4 »5 pour passer de 0 à 100 km/h, pas trop vorace en SP98 et offrant une tenue de route réjouissante et rassurante, cette petite M2 aurait tout pour plaire… si elle ne pesait pas le poids d’un âne mort. Avec plus de 1700 kg sur la balance, elle souffre malgré toutes ses béquilles électroniques de son embonpoint, surtout sensible dans les routes sinueuses de montagne de notre essai, un peu moins dans les courbes rapides. Car les lois de la physiques restent immuables, même avec un différentiel actif, une direction à démultiplication variable et des freins de course. Mais ses grandes soeurs qui reposent sur le même châssis ne sont pas aussi des ballerines. Et il y a peu de chance que la future M2 soit plus légère. Mais au moins, elle sera encore plus puissante, sachant que le même « six en ligne » dans les M3 et M4 développe plus de 500 ch. Ça promet.  

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