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des rencontres et

des voyages

Numéro #36 septembre/octobre/novembre

Dans les cuisines de Cédric Béchade

Amsterdam en Solex électrique

À la rencontre de BBoy junior

Essai de la Bentley Continental GTC V8 dans les montagnes d'Andorre

Revivez les Geneva Watch Days

Road trip en champagne avec une Ferrari PortofinoM

Le jura, ses vins, le bonheur

Sujets à paraître

McLaren 720S Spider avant la tempête

Rencontre avec le chef triplement étoilé Christophe Bacquié

Visite de la manufacture LFD et rencontre avec Litto Gomez

Mécanique

Mécanique

Balade, rapide, en cabriolet Lexus LC500 entre Séville et Marbella.

L'actualité sélectionnée par la rédaction

L'édito du moment

Éveillés

 

Au début, j’ai bien essayé de comprendre. Pourquoi déboulonner des statues, changer des titres d’ouvrages, effacer des mots de notre langage, et même, carrément, certaines pages de l’histoire. J’en ai appris un mot : le wokisme. Une sorte d’anglicisme mâchouillé par des communicants qui ont fait d’une expression sensée, apparue à priori à la fin du XIXe siècle aux États-Unis, un barbarisme de bobos qui ne veut plus rien dire du tout. Ou plutôt tout dire à la fois. Il n’est plus question de « rester éveillés » pour combattre les inégalités raciales d’une Amérique jeune et perturbée, mais de lutter contre toutes les formes d’exclusions, que cela soit à cause de la couleur de votre peau, vos origines, votre religion ou même vos orientations sexuelles. Jusque-là, j’arrivais à suivre. J’ai même envie de dire que j’adhérais. Sauf quand ces gens dits éveillés versent dans ce que l’on appelle dorénavant la cancel culture, cette idée qu’il ne faut plus accepter les traces de ces siècles d’inégalité, que pour les refuser il faut les effacer, faire table rase d’un passé écrit par des millions d’endormis. Dont, si j’ai bien compris, j’ai fait partie. Ils ont bien cogité dans leurs mastications les communicants pour inventer autant de mots « franglais », d’expressions fumeuses pour nos aider à comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans les têtes de jeunes révolté(e)s. Mais je ne peux plus être d’accord. Parce que l’on m’a toujours appris que nous avions un devoir de mémoire, que pour ne pas reproduire les erreurs du passé, il fallait s’en souvenir, surtout pas les effacer. C’est la mémoire qui donne la valeur aux actes comme aux paroles. Ces traces indélébiles évitent que tout cela tombe dans l’oubli, nous rappelant quand c’est nécessaire ce que l’on a dit, écrit ou fait. C’est pourquoi j’aime le papier, ce qui y est écrit et que l’on ne peut pas effacer d’un clic dans le back-office. Pire avec ces publications qui s’effacent toutes seules, au bout d’un jour ou d’une heure. Que va t-il rester de nos pensées ? Ce qui est éphémère n’est pas durable, bien au contraire. Souvenons-nous en.

C. Boulain

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Tout est parti d'une idée simple, créer le magazine, print et digital, que nous voulions lire lors de nos déplacements en avions ou en trains, quand le temps s'arrête un instant. À l'origine de Followed, fin 2014, une bande copains, journalistes, photographes, quadras et curieux, qui ont compris depuis déjà pas mal d'année que le plus important dans la vie, ce sont les rencontres et les gens, ceux qui font, qui pensent et qui avancent. Car un objet n'est fabuleux que si son concepteur l'est aussi. À nous de vous les présenter.

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